Définition

L’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) dans son document de référence « Circulaire 328/AN/190 sur les systèmes d’aéronef sans pilote (UAS) » décrit les drones comme des aéronefs fonctionnant sans pilote à bord (UAV). Les UAV peuvent se subdiviser en deux catégories. Dans la première figurent les véhicules pilotés à distance par une personne, appelés pour cette raison systèmes d’aéronef télépilotés (RPAS). Dans la seconde figurent les véhicules « autonomes » ou aéronef sans équipage dont le vol programmé ne requiert aucune intervention d’un pilote.
Le drone aérien peut emporter une charge utile pour une ou plusieurs missions particulières. Il est en principe récupérable en fin de vol et peut être réutilisé.
Ces définitions sont utilisées au niveau international et dans l’Union européenne, notamment par la Commission et l’AESA (Agence Européenne de la Sécurité Aérienne). 

Les différents types de drone

À l’origine, les drones ont été développés principalement à des fins militaires et défensives. Le grand public les a découverts lorsque les États-Unis ont commencé à utiliser ce qu’on a appelé des « drones tueurs » pour frapper des cibles dans des pays comme l’Afghanistan ou le Pakistan, entre autres.
Au cours des dernières décennies, les progrès technologiques réalisés dans le domaine des UAV (coûts en baisse, utilisation facilitée, appareils plus légers) ont suscité un intérêt pour un usage civil des drones qui font donc l’objet d’une attention croissante.

On peut classer les drones selon

  • Leur usage, militaire, professionnel ou de loisir ; 
  • Leur altitude de vol ; 
  • Leur endurance, d’une vingtaine de minutes à plusieurs jours ;
  • Leur masse ; 
  • Leur configuration qui se caractérise par une voilure fixe ou une voilure tournante, et leur lancement. Depuis le sol, les drones à rotors multiples ou de type hélicoptère décollent verticalement. Les drones à voilure fixe décollent comme des avions et peuvent être lancés par une fusée, une catapulte, ou à la main. Ils peuvent également être aérolargable depuis un avion ou un hélicoptère ; 
  • Leur propulsion, avec une motorisation thermique ou électrique ; 
  • la vitesse, allant du vol stationnaire à des vitesses supérieures à 1000 km/h ; 
  • Leur mode de pilotage, système de commande à distance par un pilote (via un centre de commande depuis une station au sol), dispositif de communication par satellite ou système de vol autonome ; 
  • Leur récupération.

Le tableau ci-dessous classe les différents types de drones en fonction de leur poids.

Type en fonction du poids Description Réglementation
Petite taille (de 0 à 20-25 kg)  

 

Les drones pesant moins de 2 kg, également appelés micro-drones, connaissent un développement rapide (certains modèles de moins de 1kg sont disponibles dans le commerce). Il Il existe des centaines de types différents, civils et militaires, à voilure fixe ou à rotors multiples, guidés ou non par GPS, équipés généralement d’une caméra vidéo. 

Prix : de 90 à 28 000 € 

Ils sont soumis aux règlements des États membres.
Léger (de 20-25 à 150 kg) En général ils ont un plus grand rayon d’action, sont à voilure fixe, B-VLOS (au-delà du champ de visibilité), et atteignent des altitudes de 3000 mètres : ex. Luna, Hermes 90

Prix : de 55 000 à 420 000 €

Ils sont soumis aux règlements des États membres
Grande taille (> 150 kg)  Classification de l’OTAN : 

Classe II (de 150 à 600 kg) : ex. Sperwer, Hermes 450, Watchkeeper 

Classe III (> 600 kg) : MALE (Moyenne Altitude Longue Endurance) : ex. Predator, Heron, Hermes 900 

HALE (Haute Altitude Longue Endurance) : ex. Global Hawk

UACV (drones de frappe ou de combat) : ex. MQ9-Reaper/Predator B 

Prix: 670 000 € et plus

Ils sont soumis au règlement (UE) 6/2013 de la Commission du 8 janvier 2013 modifiant le règlement (CE) 216/2008 du Parlement européen et du Conseil concernant des règles communes dans le domaine de l’aviation civile et instituant une Agence européenne de la sécurité aérienne.

L’utilisation des drones professionnels en France

Exemples d’utilisation :

  • Prises de vue aériennes, le marché « professionnel » est dominé par les utilisations audiovisuelles (France Télévision avec « Des racines et des Ailes », le « Tour de France »…)
  • Surveillance des grands réseaux (voies ferrées, barrages, gazoducs, lignes électriques…)
  • Agriculture (survols pour donner des informations sur les récoltes, application plus efficace et opportune des engrais ou des pesticides …)
  • Cartographie
  • Diagnostics bâtiments, inspections éoliennes, diagnostiques énergétiques…
  • Les autorités nationales les emploient lors de catastrophes, par exemple pour survoler des zones inondées ou pour aider à lutter contre des feux de forêts ou des incendies de bâtiments

Les usages « grand public »

Devenus financièrement accessibles au plus grand nombre, promus par des campagnes de publicité attractives, les drones aériens de loisir doivent aussi leur succès à la facilité croissante de leur utilisation. Beaucoup permettent l’emport d’une caméra embarquée qui réalise des prises de vue sous des angles inédits. La Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC) estime qu’il y aurait entre 150 000 et 200 000 drones de loisir en France, dont 98 % de micro-drones (masse inférieure à 2 kg). 

Mais attention à voler en conformité avec la loi. En effet, les drones achetés dans le commerce ou qui ne nécessitent pas une formation professionnelle au télépilotage sont soumis aux « règles d’usage d’un drone de loisir » émises par la DGAC.

Pour rappel, l’utilisation d’un drone dans des conditions d’utilisation non conformes aux règles édictées pour assurer la sécurité est passible d’un an d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende en vertu de l’article L.6232-4 du Code des transports.